Le SNALC tient à apporter son entier soutien à la professeure poignardée par un élève dans le Var. Au delà de la colère et de la sidération que nous ressentons, c’est un dégoût pour une forme de banalisation de la violence extrême, plusieurs coups de couteau portés contre un enseignant en classe, qui s’installe. Pire, on se réjouit presque ici qu’il ne s’agisse pas d’acte politique ni terroriste en rappelant une certaine tension entre le professeur et l’élève ! Les tensions, il en existe toutes les semaines, les refus de travail, les devoirs non faits, l’attitude dissolue, et j’en passe. Doit on encore reculer là-dessus ou aurons nous enfin une prise en compte en amont de ces premiers signes qui peuvent conduire au pire ? Anticiper, prendre en charge un élève qui réitère un comportement a-scolaire, perturbateur, hors de la classe, avec contrats, objectifs d’amélioration de l’attitude face au travail et à la conduite à avoir sont des priorités, clairement évoquées dans le plan prévention violence de 2017, demeuré lettre morte dans nos établissements. Cela permettrait une véritable amélioration du climat scolaire. Il est si facile et pratique de rappeler à nos collègues « on n’exclut qu’en cas extrême ! » ou que « les conseils de discipline sont un aveu d’échec donc il ne faut pas en faire ! ». Quand comprendra-t-on qu’apaiser le climat scolaire est primordial, en intervenant, aidant, accompagnant les personnels qui se censurent de plus en plus par peur et solitude ?
Pour ce qui est de la dotation de La Réunion, nous ne pouvons qu’exprimer notre refus. Après avoir répété que nos effectifs, toujours à plus de 800 élèves dans trop d’établissements, sont des facteurs d’échec et de violence pour nos élèves et nos personnels, que les classes à plus de 28 élèves ne nous permettent pas d’avancer comme nous le devrions dans les apprentissages, que la baisse relative démographique (-1,1 % primaire et -0,7 % dans le secondaire) aurait été l’occasion d’assurer enfin, un meilleur encadrement de nos élèves, le solde négatif dans le primaire (moins 24 ) pour la première fois depuis longtemps et toujours négatif dans le secondaire, à l’image des années précédentes (moins 64) ne nous laisse que percevoir une année de difficultés et de dégradation de la qualité de l’éducation. Cet impératif budgétaire qui essaie de trouver des excuses démographiques ( eh non la chute n’est pas vertigineuse à La Réunion), aura des conséquences désastreuses sur le suivi de nos élèves, la santé mentale de ces derniers et de leurs encadrants, sur les tensions que nous observons déjà lors des débats sur la DGH. C’est à qui essaie de ne pas faire voter le TRMD en février, belle vision de la démocratie pour les élus qui s’investissent bénévolement ! C’est à qui met les enseignants en concurrence dans une démonstrations magistrale de new management lors des conseils pédagogiques, dans un exercice rôdé de marchandage de tapis pour les répartitions de marges ! Pire, on culpabilise et infantilise nos collègues en dénonçant l’excellence des langues vivantes LCE et langues classiques LCA, en obligeant les élèves à choisir, en baissant les horaires de ces disciplines « trop élitistes ». Eh oui la peur de la baisse de DGH n’a pas facilité les rapports au seins des EPLE. Infantilisation et mépris pour nos missions sont trop souvent observés. Ce n’est pas en augmentant les tensions avec des allégations comme « mon seul intérêt sera l’EDT des élèves »qu’on assurera un climat scolaire bénéfique à nos élèves et à nos personnels. La santé mentale à l’Ecole est-elle une priorité ?
Nous alertons encore une fois sur ces modes de fonctionnement qui portent atteinte à la dignité des personnels de l’Ecole qui devraient être entendus, écoutés, aidés, encouragés dans leur dure mission d’enseignement et d’Education.
Dernière modification le 05/02/2026 par Webmaster

